Poeme 2025 : Une fleur déposée en silence avec douceur et sincérité.
Bonjour, KLS,
J’ai écrit plusieurs versions de ce poème, que j’ai retravaillé pendant plusieurs jours. Voici celle que j’ai choisie de partager. Il porte en lui quelque chose de ma tendresse — et peut-être un peu de la tienne, telle que je l’ai gardé en mémoire. Je dépose ces mots comme on dépose une fleur, simplement, avec douceur et sincérité.
Le rendez-vous du jardinier
Il y a des liens qu’on entretient seul, Comme un jardin qu’on arrose en secret.
Sans savoir si, de l’autre côté du mur, Quelqu’un respire encore son parfum.
Ou si la présence qu’on croit ressentir, Accessible, familière, S’est déjà dissipée depuis longtemps — Comme une rosée au matin, Sans laisser de trace, Ni même un souvenir.
On plante les bulbes de l’amitié, Sans savoir quel jardin naîtra. On espère un lien solide, Capable de survivre aux années.
Et parfois, au détour d’une allée, On rêve que les roses de l’amitié Puissent se transformer En roses d’amour.
Il suffit d’un regard, D’un éclat de sourire, Pour que l’esprit s’égare, Pour que le corps se trahisse.
Un souffle s’élève, discret, Comme si l’air lui-même devenait caresse. Un soupir retenu, un râle de plaisir, Que l’on croit cacher, Mais qui s’échappe malgré soi.
N’attendant qu’un souffle, Une permission muette, Pour laisser éclore sans crainte La fleur fragile et ardente du vertige,
Cachée, tremblante et vulnérable, Dans le secret du jardin.
La fleur de tendresse Ne s’ouvre pas aux désirs qu’elle inspire. Elle préserve la douceur de ses pétales, Mais conserve un sourire complice, Amusée et compréhensive.
Elle laisse goûter l’instant, Rougir sans honte. Sa bienveillance devient un abri, Un voile posé sur la pudeur, Où les désirs les plus timides S’expriment et s’épanouissent en silence.
Mais parfois, on reste seul à arroser le jardin. Les roses de l’amitié se fanent, Les racines de l’amour ne trouvent pas leur source.
L’accès au royaume secret n’a pas été accordé. Elles n’ont pas su s’acclimater, Faute d’un sol accueillant.
La fontaine se tarit. Trop de retenue, trop de silence, Comme un secret scellé.
On tente de guider les pousses, De redresser les tiges fragiles, Mais rien ne grandit vraiment.
Alors vient le doute : Est-ce un désert infertile, Ou bien un jardin que l’on est seul à voir encore beau — Tel qu’il fut, Ou tel qu’on l’imagine ?
Parfois, c’est un mirage. On ferme les yeux, Et l’on voit un Eden éclatant.
On ne sait plus ce qui appartient au réel, Ou au rêve.
On reste là, À parler aux fleurs, À chercher la clé Dans un trousseau de rouille et de patience.
À tendre chaque jour une pensée, Comme une fleur offerte À une main absente.
Parfois, l’espoir revient, Comme une oasis au loin. On croit le toucher, Il s’évanouit.
Puis il renaît. Et ainsi de suite.
L’un est le vent, L’autre la pierre. L’un avance, L’autre demeure.
Deux astres se frôlent, Soleil et lune, Jamais tout à fait ensemble, Toujours presque.
Un rendez-vous manqué, Mais lumineux.
Ce poème est une clairière, Un jardin peut-être imaginaire, Où l’on dépose ce qui reste.
Avec respect. Avec douceur.
Même si ce jardin n’est qu’un mirage, Je continue à l’arroser.
Comme deux astres qui se sont croisés : Reverra-t-on la comète de Halley, qui a laissé derrière elle sa traîne de lumière ? Éphémère dans mon ciel, mais éternelle dans mon cœur.